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:: [Archive BackGround] La légende d'Astréos. ::

 
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Tenjin
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Localisation: Je chasse des clampans sur les côtes des Îles de l'Écho

MessagePosté le: Sam 4 Avr - 22:01 (2015)    Sujet du message: [Archive BackGround] La légende d'Astréos. Répondre en citant

Le Miroir de Tiras a écrit:
« Nourrice ! Nourriiiiiiiiiiiice ! J’ai pas sommeil ! Raconte-moi encore une histoire ! »
« Allons, jeune seigneur, vous savez bien qu’il est largement passé l’heure, et que si vous ne dormez pas maintenant vous allez être fatigué à l’entraînement de demain ! »
« Je suis déjà nul aux entraînements de toute façon, alors…arrête de m’appeler « seigneur » et « vous » ! C’est pas drôle ! »
« Hahaha ! Pardon, Sallen ! Tu ne va pas me lâcher de sitôt, alors j’abdique, mais tu le regrettera demain matin quand tu t’endormira sur ton épée. Tu es sûr que ça vaut le coup ?»
« Ca vaudra le coup si tu me racontes une histoire qui vaut le coup ! »
« Mmh, voilà qui est sensé…il y a beaucoup d’histoires qui valent le coup de veiller mais pas facile de trouver la bonne…tu connais déjà l’histoire de la Besace du Troll farceur, tu t’es déguisé comme ça à la Sanssaint dernière…je t’ai racontée la semaine dernière l’histoire des Trois Catapultes du Roi Madoran…impossible que tu ignores la légende du Vieil Astréos… »
« Le vieil Astréos ? C’est qui ça le vieil Astréos ? »
« Tu ne connais pas la légende du Vieil Astréos ?! Alors ça, c’est une histoire qui vaut tous les entraînements, et tu as intérêt à bien l’écouter ! Ne pas connaître l’histoire du Vieil Astréos, quelle idée… »


Le Miroir de Tiras dérivait depuis des jours dans la Grande Mer, ou du moins Sallen supposait qu’il s’y trouvait toujours. Après l’irréelle victoire à la Couronne de Glace, chants et fêtes s’étaient déchaînés à travers les armées, même les plus moribonds démonistes et morts-vivants, et il avait fallu du temps et de l’ingéniosité à Sallen pour sortir de là discrètement. De son vivant déjà, les fêtes l’épuisaient autant que les terreurs, et il faisait tout pour y échapper. Aujourd’hui il se contentait d’en disparaître, repoussé par les vagues de liesse des vivants…il s’était tenu un long moment au gouvernail du navire, et était resté dans un état de semi-conscience où il était revenu par réflexe dans les eaux chaudes de la Grande Mer. Maintenant, il dérivait depuis un temps absolument indéfini, allongé à plat dos sur le pont.
C’est ce qui lui avait pris à de nombreuses reprises maintenant…la quête de la mort. La quête de la paix, et du calme, et de l’apaisement…à chaque fois, un état rêveur où il se contentait de prendre la mer pour aller voguer on ne savait où, même si lui le savait très bien, puis plus rien…le doux néant…l’attente paisible de la mort, bercé par le ressac…en y réfléchissant plus avant, il lui était venu à l’esprit qu’il risquait à chaque fois de finir avalé par le Maelström sans s’en rendre compte, mais sur le moment bien sûr cette pensée lui importait peu. La mort l’acceptait enfin, il pouvait juste se laisser flotter vers elle, comme il aurait du le faire il y avait de loooongues années…
Cependant tout ceci ne s’était toujours soldé que par un échec, un réveil soudain, brusque et douloureux, la plus cruelle des déceptions, l’interruption du rêve parfait. Sallen se réveillait brusquement, en proie à un souvenir d’un conflit naissant qui torturait son esprit, ou d’une vague complainte qui soufflait d’un vent tortueux, et alors il était pris, il voyait les yeux rouges qui renaissaient encore et toujours de leurs cendres. Qui le ramenait à la vie à force de torture…le Capitaine s’attendait à ce que cela suive la chute du Fléau, et il s’attendait aussi à être arraché le plus cruellement du monde de sa torpeur…mais il y avait une chose à laquelle il ne s’attendait pas. La douleur est quelque chose de fugace, de fugitif, un pincement sournois qui vous force à vous rappeler que vous êtes animé, et c’était ce qui le prenait avec violence chaque fois que son heure avait une chance d’arriver. Mais les choses étaient différentes cette fois-ci. Sallen eut l’impression de s’ouvrir en deux. Son cri résonna sourd dans la tempête, et le fracas des océans semblait s’être uni sous une seule bannière pour le torturer. Les yeux rouges étaient plus forts qu’ils ne l’avaient jamais été…la carcasse du Capitaine s’agita sans fin pendant des heures, des jours, des mois de délire agonisant. Les choses dont il arrivait à se souvenir sans trembler était la pure douleur, et une vision hallucinante d’un immense Dragon noir nimbé de flammes, qui embrasait le ciel…il se rappelait s’être demandé en plein cauchemar si c’était donc cela, le Vieil Astréos, et prié pour que ce ne soit pas le cas.


« Les marins disent que chacun des Quatre Vents est habité par bien des esprits et des entités…et certains racontent que des êtres noirs et blancs sortis des brumes leur ont enseigné certains de leurs noms. Astréos est l’un d’eux. C’est un Dragon ! Un très vieux dragon qui vit dans le Vent d’Ouest, le zéphyr. »
« Jamais entendu parler de ça ! »
« Et bien tu n’écoutes pas beaucoup dis-moi ! Pas que je t’encourage à aller prêter oreille à toutes les âneries que les hommes déversent dans les tavernes…mais cultive-toi ! »
« Ouais, ouais…et comme Dragon il fait quoi ? Il mange les gens ? Il crache du feu ? Ou de l’eau ? Il est vert ? Ou noir ? Ou alors il est violet ! Une fois, j’ai entendu Père parler d’un dragon violet ! »
« Mouais…je ne connais pas la couleur d’Astréos, mon garçon…disons qu’il est couleur de zéphyr, et moi je ne connais pas la couleur du zéphyr !  Et non, il ne mange pas les gens, en tout cas pas que je sache. Il n’est pas méchant mais pas forcément gentil non plus. Et il ne souffle ni du feu, ni de l’eau, mais du vent, un vent bien puissant. »
« C’est nul ça ! Moi aussi je peux souffler du vent ! »
« Mais Astréos, lui, souffle le vent qui interdit la mer aux hommes, ou qui les ramènent au port quand ils sont dans la tourmente, et c’est lui qui décide de la vie et de la mort de bien des marins. Et ça, ce n’est pas nul du tout ! »


Sallen émergea enfin de son purgatoire, sous un ciel aussi gris que lorsqu’il avait quitté le Norfendre. Le souvenir de son réveil le glaçait, et il se résigna à devoir à nouveau partir en guerre comme un imbécile…mais où donc ? Quel était l’horreur qui attaquait son monde ? Commençant par le plus simple, le Capitaine se mit à califourchon sur la proue, la longue-vue à l’œil, et scruta ses horizons. Que de la mer, grise et éternelle…mais un sentiment de malaise…le gris lui faisait un peu peur, ce qui était inhabituel. Il finit par repérer de petits objets flottants à l’est-sud-est, et n’ayant rien d’autre à faire pour le moment, y fit virer le Miroir pour mieux les observer. Le résultat acheva son humeur.
Un cimetière de bateaux, des navires en ruines…des ruines encore fumantes, mais pas tant que ça, sinon il les aurait aperçues à l’œil nu. La marque de la Horde…des têtes de morts…des lions bleus et or…la vieille horrible routine…hum ? Qu’est-ce que c’était que…une ancre ! Une ancre à trois étoiles ! KUL TIRAS ! Le Capitaine n’avait pas remis les pieds dans les îles depuis près de dix ans, avec la joie de les savoir en paix…oh non…mais une bataille navale d’une telle ampleur ? Ici ? Il n’avait vu ça qu’autour de l’Île des Conquérants, sous la marque des Chanteguerres…
Sallen mit le cap sur le carnage. Une terre se fit bien vite voir à l’est…une terre Tirasienne. Il la reconnaissait comme telle, mais ne parvenait plus à s’en rappeler…il n’avait pas du croiser celle-là souvent…le Vent d’Ouest s’engouffra soudain à toutes plaintes dans les voiles du Miroir, et le porta à une surprenante vitesse vers le rivage. L’expérience du Capitaine ne sut en tirer aucune augure particulière…
L’île était grisâtre et rocailleuse, couverte de déchets et de débris, et Sallen mit un long moment à la reconnaître. Tol Barad ! Le domaine des Baradins ! Des Stromgardiens, lui semblait-il…mais l’île était devenue Tirasienne après la Seconde Guerre…encore des vieux souvenirs. Il y était passé une fois dans son enfance avant de seulement savoir ce qu’était un Orc…la pluie constante en avait fait une île pleine de bruyère, jusqu’à ce que tout soit brûlé…ça lui donnait envie de pleurer, mais il n’avait plus de larmes depuis longtemps.
Des traces de combat étaient partout…et il entendait maintenant légèrement des bruits de lames et fusils au loin. Cette île n’était devenue qu’une vaste prison pour monstres, enfermés par Stromgarde et Dalaran…ce n’était pas une protection, une foison de ressources ou un territoire où habiter…qu’est-ce que la Horde est venue faire dans un tel endroit ? Comment Thrall aurait-il pu avoir la stupidité de lancer des hostilités alors que l’union avec le Fléau avait vaincu le Fléau ? Et cette vision de dragon noir…les choses étaient peut-être devenues bien plus terribles pour Azeroth que ce que Sallen avait imaginé.


« Mouais…n’empêche, faire du vent, c’est pas terrible comme pouvoir. »
« Va dire ça à un marin et tu as une chance qu’il meurt de rire. N’importe quel Tirasien devrait savoir que le vent est la chose la plus importante au monde ! C’est lui nous pousse, c’est lui qui agit, qui change, qui hasarde ! S’il n’y avait pas le vent, il n’y aurait pas de marins, et il n’y aurait pas de Kul Tiras ! »
« Bon bon bon, d’accord. Mais à quoi il ressemble, Astréos ? »
« Je ne sais pas mon chou, et ceux qui te diront qu’ils savent sont des menteurs. Les légendes, on ne les voit pas aussi facilement, et quand on les voit, il est rarissime qu'on revienne pour en parler. »
« T'en sais rien en fait ! »
« Tout ce que je sais, c'est que c'est un grand dragon, et que s'il se cache derrière le vent, il ne peut pas cacher sa voix. C'est comme ça que les marins les plus malins et les moins imbibés ont pu l'apercevoir du coin de l’œil, comme un rêve qui s'en va.»
« Mais c'est pas assez ! Moi je veux réussir à le voir en VRAI ! »
« Ô mon petit Sallen, j'espère que ça ne t'arrivera jamais. »


Avançant lentement, encore titubant, Sallen trébucha contre un cadavre et s'écroula dessus. Une sourde douleur s'ajouta à son corps torturé au niveau du poignet, et il constata qu'il s'était blessé la blancheur sur la défense d'un Troll tombé au combat. Le Capitaine se releva et l'examina : il était mort il y a peu de temps, un ou deux jours maximum...ses muscles étaient impressionnants et ses cicatrices indiquaient un vétéran chevronné, presque autant que lui. Il portait une armure opaque et fumée, ainsi qu'un tabard orné du symbole de la Horde...curieux...les couleurs étaient inversées, rouge sur noir...le pic en os qui semblait l'avoir tué était encore planté dans sa poitrine, et il parut vite curieux à Sallen...il n'était presque pas différencié d'un réel os, et n'était pas planté comme une réelle arme...le Capitaine le retira pour mieux l'examiner.


« Tatata ! C'est à moi ça, mon pote ! On-touche-pas. »


Sallen se figea. La pointe d'une lame était posée contre son cou, et une voix gutturale venait de le surprendre, en Bas Parler.


« Tu lâches mon bras, steuplaît ! Connard de Réprouvé !, continua la voix, et on se retourne, et on fait voir sa sale gueule ! »


Sallen obtempéra lentement. Pas le choix. Un mort-vivant à l’œil littéralement torve, habillé en marin, pointait un sabre sur son cou et ricanait par à coups. Il reprit son bras, puisque c'était le sien, et le renfonça grossièrement dans son torse, habilement, sans cesser de menacer Sallen.


« T'es un Tirasien, toi, c'est clair ! Holà, mon frère ! Maman Fléau t'a transformé en zombie ! Et rien de tel pour la remercier que de piller tes frères avec des monstres ! J'vais pas t'faire chier, j'ai commencé avant de crever, mais t'es gonflé de porter ça ! Crache-moi ton nom, tiens, ça peut me dire quelque chose. »
« …..Whitehull. Capitaine Sallen Whitehull. »


Le mort-vivant marqua une pause interloquée. Il disait quelque chose à Sallen...ses vêtements...


« ALORS CELLE-LA ! Putain ! Jackpot ! Ramenez-vous, les undeads !! Le Capitaine nous fait l'honneur d'une visite ! Champagne ! »


Alors ils sortirent de tous les coins de la plage et du naufrage, présents depuis le début. Tous des marins décrépis aux membres putréfiés, des fantômes de chair répugnants, déguisés en hommes de la mer. Sallen ne comprit pas tout de suite. Il commença en voyant que les rares qui n'avaient pas grimé des crânes sur leurs uniformes portaient des ancres tirasiennes...et pas n'importe lesquelles...


« Regardez-moi ça, Capitaine Harris ! Le Capitaine Whitehull vient réviser les troupes ! Cétipas mignon ? »
« Ca tombe bien...il m'a toujours manqué l'insigne pour être un bon Capitaine, et l'originale vient se pointer. »


Comme dans un cauchemar, Sallen vit une figure familière, devenue maigre et cassée, arborer un atterrant sourire. Son ancien second, Phillip Harris, un Gilnéen venu faire fortune dans les îles, se tenait devant lui dans une vieille redingote déchirée de capitaine Tirasien. Son équipage. Ces morts-vivants...tous des pirates...c'était son ancien équipage !!


« Dis-moi que tu me remets au moins, Sallen ! Depuis que tu as déserté tes fonctions j'ai un peu monté en grade...en freelance ! »
« Des pirates...comment pouvez-vous être des morts ? Et des pirates ??!! COMMENT ?! »
« On se calme, Capitaine, dit Harris en pointant un mousquet sur Sallen, c'est moi ton supérieur maintenant. Tu nous a empêché pendant loooongtemps d'aller tirer la bière et les putes pendant la guerre, même de tuer de l'Orc...quand t'es parti griser en Hautebrande, moi et les gars on a fait un peu de démocratie et on s'est dit que je serai peut-être un meilleur Capitaine. C'est sûr que maintenant on a plus beaucoup de quoi profiter...on a fait la connerie de voguer un peu trop au nord. Mais la mort continue ! »
« Pitoyable...vraiment pitoyable et pathétique...même quand vous ne pouvez rien désirer, vous continuer à piller les vivants...je suis passé dans le naufrage, même votre barque est en miettes. »
« M'emmerde pas Whitehull, tu te fais bien dorer l'armure chez la Catin Noire. Elle a envahi Gilnéas cette connasse ! Si on lui met la patte dessus, je te promets que je me forcerai une dernière fois à défoncer cte traînée ! Et en plus, la Horde a ruiné notre point d'ancrage. Obligés de buter des soldats qui se perdent sur la plage ! Tu sais, je suis gueulard comme ça mais si t'as envie de venir nous filer un coup de patte... »
« Je ne sers pas la Horde, ni l'Alliance, ni personne...et je serai au service de Sylvanas avant d'être au tien. Tu peux me tuer si tu veux. Tu sera déchiqueté sur ce rocher. »
« Effectivement, si je veux, je peux t'expirer. Par contre, si je suis déchiqueté un jour ce sera pas ici ! On t'a vu arriver sur le Miroir, cette bonne vieille carcasse. Solide comme un Nain bourré ! Avec lui, on va encore avoir notre lot de marrade...sans toi. »


« Mais je veux le voir moi ! Il doit être impressionnant ! »
« J'imagine. Mais on dit que les seuls hommes qui peuvent voir Astréos sont ceux qui sont aussi vieux, aussi tristes et à l'esprit aussi morts que lui. »
« Que....quoi ?! Mais pourquoi ?! »
« Parce qu'il paraît qu'Astréos est tellement vieux que dans sa tête, il est déjà mort. S'il souffle pour ramener les marins chez eux, c'est pour qu'ils ne l'atteignent pas, parce qu'il a peur que les vivants le voient et que leur vie lui fassent mal. Ils ne laissent venir à lui que ceux qui sont comme lui. »
« Mais une minute...ça fait très longtemps que les marins voyagent ! Il doit être bien plus vieux tous les hommes, Astréos ! Ca veut dire que personne pourra plus jamais être aussi vieux que lui ?! »
« Oh, il paraît que les Elfes du nord peuvent vivre pour toujours, tu sais! Et puis on ne vieillit pas qu'avec l'âge, mon garçon. Tous les malheurs, et toutes les pensées et tout ce qui arrive nous fait vieillir. Il y a des garçons plus jeunes que toi qui sont plus vieux que moi. »
« C'est bizarre...mais du coup, tu penses que je le verrai un jour ? »
« Je ne sais pas, et je ne pense pas. Et je n'espère pas ! Ca voudrait que tu verrais bien plus que ce que les hommes sont capables de supporter. Ne fais pas un tel vœu ! »


Sallen Whitehull était désespéré. Tout ça pour ça. Toutes ses batailles supplémentaires et toute cette vie morte-vivante pour finir détruit sur un champ de bataille, autrefois sa patrie, pire que jamais, et ce par son équipage. Par son lieutenant, par la Lumière ! A ce moment, sa dernière volonté d'abattre la guerre lui sembla une dernière et ultime torture, une dernière et suprêmement cruelle farce de la volonté humaine pour le maintenir en souffrance. Il lui sembla qu'il ne restait plus que l'abandon, la soumission, et se laisser dévorer sans fin par l'enfer. Il ne chercha pas à résister quand Harris pointa son mousquet sur sa tête, et se contenta d'attendre la mort et son prochain tourment.


Attente.


Attente.


Rien...le néant...


Un peu de paix...


Un bruit sourd de lames vint briser la catatonie du Capitaine. La vie venait à nouveau le surprendre à revers, le déstabilisant comme une vague inattendue. Harris avait détourné son arme et tirait à feu nourri sur des combattants qui jaillissait de l'île et de la forêt centrale. Les pirates se faisaient écraser et couper en morceaux par de furieux guerriers de la Horde de toutes origines...il y avait même des Gobelins ! Sallen resta là, hébété, sans bouger, les mains toujours en l'air comme s'il était encore menacé. Les pirates survivants avaient fui dans le cimetière d'épaves, et Harris avec eux. Ne sachant s'il devait être soulagé, atterré ou indifférent à sa propre survie, il resta de même quand un champion Orc vint l'examiner pour voir s'il était ami ou ennemi. Le Capitaine finit par s'évanouir dans une inconscience noire.
Sallen se réveilla dans un petit camp grisâtre rempli d'armes, de tentes et de tout le matériel éternel de guerre qu'il abhorrait. Il n'arrivait pas à croire à sa propre survie. Il lui en voulait. Est-ce qu'un démon avait décidé de saborder toute parcelle de son existence ? Il lui fallut quelques minutes pour comprendre qu'un Orc en armure noire était en face de lui en train de lui poser des questions d'un ton passablement énervé.


« REVEILLEZ-VOUS, BON SANG ! Fichue carcasse ! Réveillez-vous ou je vous fais exécuter ! »
« ….où suis-je... ? »
« Grmpf...si vous ne le savez pas, il est probable que vous ne soyez pas de notre camp...vous êtes au campement du puissant Poing de Hurlenfer, sur l'île de Tol Barad. »
« Je ne suis pas un pirate, si c'est ce que vous voulez savoir....qu'est-ce que c'est que le Poing de Hurlenfer ? Cette offensive est donc menée par les Chanteguerres, mmh ? »
« Les Chanteguerres ? Ha ! Nous sommes le bras armé de toute la Horde, imbécile ! Choisis par le Chef de Guerre lui-même pour prendre l'île et contrôler la Baie de Baradin. »
« Si Thrall n'a pas envoyé Garrosh et son clan, pourquoi est-ce appelé ainsi... ? »
« Vous êtes resté congelé ou perdu en mer un peu trop longtemps vous. Le grand Thrall est parti combattre le Cataclysme pour protéger la Horde, et il nous ramènera la tête d'Aile de Mort sur les piques d'Orgrimmar ! En son absence, il a nommé Chef de Guerre le héros Garrosh Hurlenfer, fils de Grommash, pour défendre la Horde et écraser nos ennemis. Nous sommes son bras armé, et l'Alliance devra bientôt céder devant notre suprématie ! »


Sallen laissa l'Orc déverser un flot ininterrompu de patriotisme guerrier et de haine envers l'Alliance...il écoutait à peine, et ne retint parmi le flot de cris de guerre que ce qui enfonçait son cœur encore plus loin sous terre....les morts-vivants avaient envahi Gilnéas, et son peuple était transformé en bêtes lupines...partout en Azeroth, la guerre faisait rage et l'Alliance et la Horde était en conflit ouvert...et des monstruosités avait jailli du sang du monde, guidées par les dragons noirs, pour le détruire...le monde était mourant. Déchiré. Comme lui. La destruction du Fléau et de la Légion n'avait rien changé...Azeroth était viciée au cœur.
Les derniers espoirs de Sallen Whitehull furent poignardés.


« Il sert pas à grand-chose quand même Astréos en fait...le dragon du Nord il peut créer des icebergs rien qu'avec son souffle, et le dragon du Sud il peut faire brûler la mer ! Astréos, il ramène les gens à la maison et il accueille les vieux. C'est quand même pas terrible. »
« Personne d'autre ne le fait, Sallen. Personne. Tu as entendu toutes les histoires de fantômes, et de spectres hurlants des marins, n'est-ce pas ?
« Oui, et ben ? »
« Et ben si il n'existait pas des créatures comme Astréos, le monde ne serait plein que de ça. C'est vrai qu'il ne te concerne pas, ce vieux dragon, tu es jeune. Mais s'il y a une chose que je te souhaite, c'est d'être vieux un jour. »
« Bwarf ! C'est embêtant d'être vieux !! On peut plus se battre ! »
« Et qu'est-ce que serait le monde, mon garçon si on ne faisait que se battre, mmh ? Si ton père et ton grand-père avait fait comme les autres marins, et ne s'étaient mêlés que de se bagarrer et de boire, les Whitehull seraient-ils une maison noble de Boralus, et serais-tu aujourd'hui allongé dans des draps de satin ? »
« Bon, oui ça encore ça va. Devenir riche et tout et aller dans les cours des Rois Adamant, Genn ou Terenas. Mais retourner à la maison et veiller sur les vieux fantômes, ça doit être barbant... »
« Ca l'est, Sallen. La jeunesse n'est pas éternelle, ni le bonheur, malheureusement. »
« M'en fiche ! Moi, je serai heureux pour toujours ! »


Sallen était accablé. On ne pouvait RIEN contre la guerre...rien...rien du tout...il avait échoué sur toute la ligne...il ne pouvait que rester là à se laisser souffrir, pour l'éternité, sous les borborygmes et les crachats de cet Orc imbécile...
Les soldats, devant l'apathie du mort-vivant, finirent par l'attacher doucement pour qu'il ne se sauve pas, loin des autres prisonniers. Il ne les sentit même pas faire. Il priait. Pour la première fois de sa vie, Sallen priait. Il n'avait jamais accordé beaucoup de crédit à la foi, bien que la morale religieuse lui plût, et la Lumière restait pour lui une belle histoire éloignée, comme la plupart des choses. Il l'acceptait comme n'étant pas pour lui. Le résultat était que les seules tentatives de prière du Tirasien étaient de simples imitations pour contenter la famille. Mais ce n'était pas la Lumière que le Capitaine priait. Il repensait à son enfance, à la voix de sa nourrice qui lui racontait la légende d'Astréos...il avait longtemps pensé qu'un tel être n'était d'une utilité que mineure. Un genre de garde-malades. Aujourd'hui, il lui paraissait l'être le plus important au monde, et même s'il n'avait jamais cru en son existence réelle, il priait de toute son âme, parce qu'il ne lui restait que cela. Il priait pour qu'on vienne l'emporter, pour qu'on vienne s'occuper de lui, peu importe à quel point ça lui paraissait vain.
Sallen se crut dans un rêve. Ce n'était pas totalement faux, puisqu'il n'était qu'à moitié conscient, mais ce qu'il vit en réponse était bien réel. Devant lui s'avançait un dragon. Un véritable dragon. Pas un souffle, pas une voix cachée derrière le vent, un dragon authentique, en chair et en os. Oh, il en avait vu auparavant des dragons, et pas des petits, tous plus impressionnants les uns que les autres, mais celui-ci lui laissa l'âme bouche-bée. Un corps vert-azur, quoique ça puisse vouloir dire, zébré de foudre, gros comme un bateau, l'air s'agitait tant autour de lui...Sallen ne voyait que de la chair mais percevait un être bien différent, un maître des cieux, une créature de rêve...
Le Capitaine ne voyait que ce qu'il voulait voir. Il ne voyait pas les dents acérées du drake, ses mugissements furieux et les chaînes innombrables qui le restreignaient. Il ne voyait qu'Astréos, un dieu dragon miséricordieux venu le secourir de la noyade. Après un moment d'hébétement, Sallen voulut se lever et se précipiter vers le dragon, oubliant sa propre chaîne, oubliant tout, désirant juste le repos.


« J'ai quand même du mal à y croire...et puis comment on sait que c'est un dragon si personne ne l'a jamais vu ? Hein ? Hein ? »
« Je t'ai déjà dit, Sallen : on ne le voit pas, on l'entend, et ceux qui le voient n'en sont pas particulièrement fortunés. »
« Mouais. C'est encore des histoires, ça. Comme les fantômes. Et comme les dragons tout court, d'ailleurs ! »
« Comment ça comme les Dragons tout court ?! M'enfin, tu n'as pas vu la queue de dragon noir que ton père a ramené de la cour du Roi de Hurlevent ? »
« Mouais bon....ça pourrait être la queue d'autre chose ! D'un gros lézard, ou d'un crocilisque ! »
« Il y a de la sagesse à croire ce que l'on voit...mais pas que. Tu ne peux pas tout voir, mon garçon. Il faut parfois accepter de se laisser guider pour voir. »
« Eh ben j'essaierai ! Je voyagerai partout, et je verrai tout ! Et puis un dragon, si ça existe, ça ne doit pas être bien dur à voir quand même ! Il suffirait d'en attraper un, de l'attacher, et puis on le montre aux gens, et là ils pourront vraiment y croire ! »
« Mais quelle idée ?! Qu'est-ce donc qu'un dragon qui ne peut pas voler ? »


Le Capitaine ne se rappela de la suite des événements que par intermittence. Il courait vers Astréos....et puis de l'agitation, partout...la guerre....des combats....ça se confondait avec ses souvenirs de la Deuxième Guerre, il voyait des rangées de Nains alignés faucher les Orcs comme de la paille immense et musclée, et des berserkers immenses écrasaient les têtes des chevaliers à mains nues...il s'entendit beugler quelques ordres désordonnés, il ne savait à qui ni pour quel camp. Il y eut du sang, des fantômes...la guerre se jouait à la fois dans ses souvenirs, et dans son présent. C'était comme marcher à travers le passé...
Quand il se réveilla, Sallen était toujours enchaîné, à un autre endroit, et cette fois bien plus solidement. Il y avait toujours des Orcs autour de lui...mais ceux-là étaient enchaînés aussi. Des soldats s'affairaient sans lui prêter attention....ou alors en lui crachant dessus. C'est cette réalisation qui réveilla le Capitaine. Ils ne crachaient pas sur lui. Ils crachaient sur son tabard. Son tabard Tirasien avec une belle ancre et les étoiles de l'Alliance. Qu'est-ce qu'ils lui voulaient à son tabard ? La plupart des Humains le haïssait à vue, mais Kul Tiras... ? Puis Sallen comprit...ces hommes ne haïssaient pas Kul Tiras. Ils ETAIENT de Kul Tiras. Il reconnaissait des traits marins, et certains officiels portaient l'ancre sur des médailles ou des épaulettes. Ils détestaient voir leurs couleurs sur le dos d'un monstre....compréhensible.
Le Capitaine se sentait l'esprit pour une fois on ne peut plus clair et lucide, et il réfléchissait vite et bien, sans savoir comment diable c'était possible. Il devait y avoir eu bataille entre les Humains et les Orcs, et ils avait été fait prisonnier....Tol Barad....ils faisaient face aux Gardiens de Baradin, les terribles geôliers venus de Stromgarde, Kul Tiras, Gilnéas, Dalaran et d'autres...les pires geôliers pour les pires prisonniers. Le discours débile de l'Orc lui revenait en tête....l'île se situait en plein dans la Baie de Baradin...un point stratégique pour...pour l'invasion ! De sa terre, mais aussi du Khaz Modan, pour la guerre....
Exploitant son esprit revigoré, Sallen observa. Beaucoup de races....principalement des Humains, mais aussi des Nains, des Elfes, des Draeneïs, de très rares Hauts Elfes....des...des loups ? Des loups en armure ? L'Orc avait dit quelque chose sur des Worgens, sur Gilnéas...pas le moment de penser à ça. Penser à quoi ? Pourquoi était-il libre, au moins dans sa tête ? LE DRAGON ! Le magnifique dragon ! Il devait trouver le Dragon.


« Caporal, que faisons-nous des prisonniers ? On les pend ? »
« Ca me fait envie, mais on va éviter de nous conduire comme des Orcs. Ils ont sûrement des choses à nous dire... »
« Ils ont déjà été interrogés, chef. Les Orcs ne sont que des troufions, et le Réprouvé est K.O.. On dirait que c'était un Capitaine Tirasien.... »
« Un sale traître alors. Nous allons devoir les exécuter, mais nous allons faire ça proprement, et aussi dignement que possible. En attendant, jetez-les donc dans une grande cellule. »
« Au Bastion, Caporal ? Vous croyez qu'ils survivront parmi les prisonniers ? »
« Ca ne change pas grand-chose pour eux pas vrai ? Et ils sont de la même engeance première de toute façon...vous n'avez qu'à les mettre avec le Dragon que nous avons capturé dans le camp de Hurlenfer, on pourra tester s'il est dressable ou non. Ces Orcs sont malins de ramener de telles bêtes de combat depuis leurs fronts... »


« Pffff, mais c'est nul comme histoire ! Pourquoi est-ce qu'ils sont si bien alors les dragons si on ne peut jamais les voir ? »
« Les choses n'existent pas pour que tu les vois, mon garçon, elles existent parce qu'elles existent. Même les choses belles. SURTOUT les choses belles... »
« MAIS C'EST NUL ALORS ! »
« Hé, baisse d'un ton ! Si tu veux les voir, c'est toi qui doit t'y efforcer, ou alors c'est toi qui doit te plier. »
« Papa dit qu'un chevalier ne doit jamais plier. »
« Mieux vaut plier que casser mon garçon, et de chevalier, ton père a surtout accompli des quêtes de taverne, et de marchandage. Ce ne sont pas les forts qui voient toujours mieux les choses. Et parfois ça les fait se tromper, ils se croient seulement forts...il faut passer ça pour voir quelque chose comme Astréos. Ou des dragons. Qu'est-ce qui vaut le mieux à ton avis ? »
« Bon....je sais pas...je veux voir les dragons.... »
« Hé bien sache que les dragons ne sont pas des bêtes, et qu'un dragon enchaîné n'est pas un dragon. C'est comme la mer. Les hommes qui croient qu'ils peuvent la dompter ou que c'est une terre à conquérir sont ceux qui y meurent les premiers. Essaie d'être plus sage qu'eux, Sallen. »
« C'est vrai que les chevaliers ils doivent aussi être humbles...bon. Mais quand même, comment on fait pour voir un dragon ? »


Malgré ses yeux curieux et sagaces, Sallen ne trouva aucun moyen de ne pas être jeté dans le Bastion de Baradin. C'était une vision réellement infernale : une prison souterraine, pleine de piques et de rouille, de sang et de cadavres...la puanteur de la mort était partout...les créatures qu'il apercevait étaient dignes de la Croisade Ardente en Outreterre....des démons monstrueux, gloutons, trompeurs et avides de liberté...c'était un miracle que ce Bastion tienne encore debout, avec des démons en-dessous et la guerre au-dessus. Le Capitaine fut mis dans une cellule avec les Orcs, et y retrouva le sublime Drake qui avait ravivé son esprit. Sa vue lui fit le même genre d'effet, mais la créature était attachée par des cordes et des muselières...presque immobile, « Astréos » semblait se laisser mourir.
Les Orcs tentèrent d'engager la discussion, de le faire jouer aux dés ou de prévoir des plans d'évasion impliquant de tuer tous les gardes à mains nues, mais Sallen ne leur offrit que des marmonnements étouffés. Il se fichait de vivre ou mourir. Le dragon l'apaisait...il ne connaissait plus ça. L'espoir soufflait...mais si faible...si faible....il était si misérable...qu'était-ce donc qu'un dragon qui ne pouvait pas voler ? Un dragon enchaîné n'est pas un dragon ! Sallen croisa le regard du léviathan. Les airs purs...les vents glacés et chauds....la mer et le sel....la vie et la mort ne comptaient plus depuis longtemps. Le Capitaine se leva tranquillement devant les Orcs circonspects, puis médusés, voyant qu'il entreprenait de déchirer les liens de la bête, qui tentait pourtant de le croquer. Ils voulurent l'arrêter, mais le Drake du Vent d'Ouest était déjà libre. Tous se jetèrent les uns sur les autres, et le Dragon fonça en dehors de la prison, Sallen emberlificoté dans ses liens.
Le puissant Drake céleste jaillit hors du Bastion de Baradin, les écailles déchirées par les piques et bougeant difficilement, encore partiellement enchaîné. Quand il perça l'air libre, il renversa une troupe de soldats en plein combat : le fort était en pleine bataille. Attaché à la créature, le Capitaine impuissant fut élevé dans les cieux, stupéfié, contemplant une bataille dantesque en contrebas. Il put distinguer une pluie ascendante de projectiles tirés vers « Astréos », qui les esquivait avec une brillante maestria aérienne. Certaines flèches finirent toutefois par percer ses ailes, et la bête tomba rapidement vers les flots. Hissé tant bien que mal sur son dos, Sallen n'avait cure de son sort apparemment fatal. Il VOLAIT, que diable ! Il chevauchait le vent marin lui-même ! Les rêves étaient là pour lui, et le dragon avec ! ASTREOS ! Si c'était là sa mort, alors il en était content, et n'avait jamais espéré mieux.
Sallen admira le lieu de sa chute...l'île était baignée de sang, mais il avait déjà accepté son impuissance...mais la mer...ah, la mer....loin des bateaux de guerre, le Miroir se tenait droit et fier, dans ses armoiries vertes....dommage qu'il ne puisse mourir avec son navire...il aurait tant aimé couler dessus...mais il fallait choisir entre vent et marée. Cependant, à sa grande stupéfaction, les éléments semblèrent lui répondre. Le vent portait le dragon blessé en plein vers le Miroir, quand il allait auparavant dans la direction opposée. Astréos aussi était perdu, désespéré...ils mourraient ensemble...il avait soufflé le Vent de l'Ouest, vers chez soi...


« Ca, mon Sallen, tu n'en verra peut-être jamais, même si tu essaies du mieux que tu peux. Les dragons sont des rêves, et les dragons sont réels. Ceux qui les voient sont promis à un beau destin. Pas forcément grand, magnifique ou glorieux. Mais beau. Essaie d'écouter le Vent de l'Ouest, il te donnera peut-être la réponse...et sinon, son chant est quand même beau de toute façon. Je retire ce que j'ai dit avant. Cela passe par des malheurs et par la plus terrible vieillesse pour voir Astréos...mais quelle vie ! Les marins rêvent tous de cela, mais presque aucun ne l'a. Ce n'est pas quelque chose qu'on peut conquérir. C'est un destin, mon garçon. Le destin des libres, et de ceux qui voient le monde tel qu'il est. »


Le Capitaine Sallen riait. Il riait de tous les soldats et les tueurs en bas, mais il riait aussi tout court. Il était heureux dans la mort. Des les cieux et dans la mer. Astréos avait le plus puissant des pouvoirs.


Le choc fut brutal, alors que le drake s'écrasait avec violence sur le Miroir de Tiras. Sallen perdit un peu de son extase en constatant que sa non-vie se portait toujours comme un charme, bien qu'un peu secouée. Astréos s'ébrouait sur le ponton, un peu à l'étroit, ses ailes blessées déployées. Les navires de guerre déportaient vers eux, et Sallen se précipita pour régler les voiles, puis reprit le gouvernail. S'il devait mourir, il ne laissera jamais Astréos, ou qui que ce drake soit, mourir ainsi sous les coups des crétins. Les guerriers avaient le vent en poupe....le Capitaine arma un canon, paré à un combat désespéré, incapable qu'il était de fuir...et puis, du fond de la cale, il vit que les navires ennemis s'éloignaient de sa vue. Le vent le portait, ce qui était déjà étrange puisqu'il avait porté les voiles en berne, mais il le portait bien plus vite, alors qu'ils auraient du le lui voler. Remontant sur le ponton, il vit qu'Astréos battait des ailes, et le vent le plus pur qu'il avait jamais senti emportait son vaisseau loin de l'île de Tol Barad, loin de la guerre, vers la mer....vers l'ouest.


Quelque part dans son cœur, le Capitaine guérit un peu.


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MessagePosté le: Sam 4 Avr - 22:01 (2015)    Sujet du message: Publicité

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